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CALL FOR PAPERS: INTERNATIONAL CONFERENCE « LA VIE À L’OEUVRE – LIFE AT WORK. NEW ECOLOGIES, BIOART, BIODESIGN » – OCTOBER, 16 & 17, MUSEUM OF HUNTING AND NATURE, PARIS

Paris Sciences et Lettres
Labex TransferS

Musée de la Chasse et de la Nature
62, rue des Archives, Paris 75003

International conference
“La vie à l’œuvre”
Life at work
New ecologies, bioart, biodesign

Organised by
Perig Pitrou

October 16 & 17, 2017

Scientific committee
Claude d’Anthenaise (Musée de la Chasse et de la Nature)
Anne de Malleray (Fondation François Sommer – Revue Billebaude)
Ludovic Jullien (CNRS-ENS-UPMC PASTEUR)
Perig Pitrou (CNRS – Laboratoire d’anthropologie sociale)
Antoine Triller (Institut de Biologie de l’École Normale Supérieure)

Call for papers

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In view of the international conference co-organised by the Musée de la Chasse et de la Nature (Museum of Hunting and Nature, Paris) and PSL Research University (Labex TransferS), this call for papers targets artists, designers, architects and researchers – both in social sciences and natural sciences –, who are engaged in interrogating how the living can be incorporated in art, design, as well as architecture projects. By displaying living beings and vital processes, or by collaborating with them, these explorations that put « life at work » contribute to the emergence of new ecologies, effectively or speculatively, as speculative design and critical design do. Whether or not they inscribe their approaches into bioart and biodesign – categories whose boundaries are actually far from being clearly defined, these projects have in common to redefine the notion of nature, by inviting us to reconsider the modalities of human beings’ interventions on their environments. The issue is then not only to pay attention to the creation of unprecedented life forms (hybrids, semi-livings, etc.) but also to study the new networks of relationships that develop around them. In order to explore these relationship dynamics and highlight the ability of these experiments to invent new ecologies, it is suggested to take a closer look at three types of phenomena

1/ New interactions between living beings

First, it is the diversity of interactions between living beings (exchange, symbiosis, commensalism, predation, etc.) and the modalities of inter-species communication that is worth being addressed on several scales – from the microbiome to the planetary environment. Concurrently to the possibility to make new Life Forms appear within their environments, it is necessary to examine the capacity of creators to imagine new Forms of Life.

2/ Vital processes and transformations

The interactions that living beings establish with other living beings, and more broadly with their environment, lead us to question the continual transformations at work in the organisms and the multiple connections established between them. Through metabolic processes, organisms are indeed linked to each other, for example through oxygen production (by plants or cyanobacteria), or by their integration in trophic chains. Projects depicting this kind of processes – often by inserting them in technical processes – open up significant paths to highlighting the dynamic and cyclic dimension of living systems.

3/ The evolution of living systems

When considered on an even wider temporal scale, life arises in evolutive processes that, over generations, modify the species and their relations to the environment. From the old practices of selective breeding of plants and animals, to the contemporary methods of genetic engineering and molecular biology, human beings have endeavoured to develop techniques to act on these natural phenomena. Often led by practical concerns – ecological as well as economic –, these interventions sometimes are the products of aesthetic approaches. The diversity of intents driving the creators’ work enables thus to increase our capacity to think the directed evolution in all its complexity, as well as in its prospective potentials.

By starting a collective reflection on the introduction of new ecological systems, one stake is to rethink the articulation between nature and technique. Instead of opposing them, arts, design and architecture practices lead up to exploring the intertwining between vital processes and technical processes, and to questioning the various ways humans live with nature while transforming it.

Paper proposals and information requests must be submitted to Viao@univ-psl.fr before June 15, 2017.

Important dates:
June 15, 2017: deadline for submission
June 30, 2017: notification of acceptance
August 30, 2017: deadline for final title and abstract submission
October 16 & 17, 2017: Conference at the Museum of Hunting and Nature, Paris

APPEL À COMMUNICATION : COLLOQUE « LA VIE À L’OEUVRE. NOUVELLES ECOLOGIES, BIOART, BIODESIGN » – 16 & 17 OCTOBRE 2017 AU MUSÉE DE LA CHASSE ET DE LA NATURE

Paris Sciences et Lettres
Labex TransferS

Musée de la Chasse et de la Nature
62, rue des Archives, Paris 3e

Colloque international
La vie à l’œuvre
Nouvelles écologies, bioart, biodesign

Organisé par
Perig Pitrou

16 & 17 Octobre 2017

Comité scientifique
Claude d’Anthenaise (Musée de la Chasse et de la Nature)
Anne de Malleray (Fondation François Sommer – Revue Billebaude)
Ludovic Jullien (CNRS-ENS-UPMC PASTEUR)
Perig Pitrou (CNRS – Laboratoire d’anthropologie sociale)
Antoine Triller (Institut de Biologie de l’École Normale Supérieure)

Appel à communication

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Dans le cadre du colloque international organisé par le Musée de la Chasse et de la Nature et Paris Sciences et Lettres (Labex TransferS), cet appel à communication s’adresse à des artistes, des designers, des architectes et des chercheurs – en sciences humaines ou en sciences de la nature – qui développent une réflexion sur les manières d’intégrer le vivant dans des projets en art, en design et en architecture. En exposant des êtres vivants ou des processus vitaux, ou en instaurant des collaborations avec eux, ces explorations qui mettent « la vie à l’œuvre » contribuent à faire émerger de nouvelles écologies, de manière effective ou spéculative, comme dans le speculative design et le critical design. Qu’ils inscrivent ou non leur démarche dans les domaines du bioart et du biodesign – catégories dont les contours sont d’ailleurs loin d’être clairement définis –, ces projets ont donc en commun de redéfinir la notion de nature, en invitant à repenser les modalités des interventions des humains au sein de leurs environnements. L’enjeu n’est alors pas simplement de s’intéresser à la création de formes vivantes inédites (hybrides, semi-vivants, etc.), mais d’étudier les nouveaux systèmes de relations qui se tissent autour de ces êtres. Pour explorer ces dynamiques relationnelles et montrer la capacité de ces expérimentations à inventer de nouvelles écologies, on propose de se pencher sur trois types de phénomènes.

1) Nouvelles interactions entre les êtres vivants

C’est tout d’abord la diversité des interactions entre les êtres vivants (échange, symbiose, commensalisme, prédation, etc.) et des modalités de communication inter-espèces qui gagne à être traitée à partir de plusieurs échelles – depuis le microbiome jusqu’à l’environnement planétaire. En même temps que la possibilité de faire apparaître des formes vivantes (Life Forms) au sein des environnements, il convient d’examiner la capacité des créateurs à imaginer des nouvelles formes de vie (Forms of Life).

2) Processus vitaux et transformations

Les interactions que les êtres vivants établissent avec d’autres êtres vivants, et plus largement avec leur environnement, invitent ensuite à se pencher sur les continuelles transformations à l’œuvre dans les organismes et sur les multiples connexions qui s’établissent entre eux. Par le biais des processus métaboliques, les organismes sont en effet reliés les uns aux autres, par exemple à travers la production d’oxygène (par les plantes ou les cyanobactéries) ou par leur insertion dans des chaînes trophiques. Les projets mettant en scène ce genre de processus – souvent en les insérant dans des processus techniques – offrent une voie d’accès privilégiée pour mettre en relief la dimension dynamique et cyclique des systèmes vivants.

3) L’évolution des systèmes vivants

Envisagée à une échelle temporelle encore plus large, la vie se manifeste dans des processus évolutifs qui modifient, au fil des générations, les espèces et leurs relations à l’environnement. Depuis les pratiques anciennes de l’élevage sélectif des végétaux ou des animaux, jusqu’aux méthodes contemporaines du génie génétique et de la biologie moléculaire, les humains se sont ingéniés à développer des techniques pour agir sur ces phénomènes naturels. Souvent guidées par des préoccupations pratiques – écologiques autant qu’économiques – ces interventions obéissent aussi parfois à des motifs esthétiques. La diversité des intentions qui orientent le travail des créateurs permet ainsi d’enrichir notre capacité à penser dans toute sa complexité l’évolution dirigée et ses éventuels potentiels.

Un des enjeux d’une réflexion collective sur l’instauration de nouveaux systèmes écologiques est de repenser l’articulation entre nature et technique. Plutôt que de les opposer, les pratiques en art, design ou architecture conduisent à explorer l’imbrication entre processus vitaux et processus techniques et à s’interroger sur les diverses manières qu’ont les humains de vivre avec la nature tout en la transformant.

Les propositions de communication et les demandes d’information doivent être adressées à Viao@univ-psl.fr avant le 15 juin 2017.

Calendrier
15 juin 2017 : remise des propositions de communication
30 juin 2017 : réponse du comité scientifique
30 août 2017 : envoi des titres et des résumés définitifs
16 et 17 octobre 2017 : Colloque au Musée de la Chasse et de la Nature

APPEL A COMMUNICATION : WORKSHOP BIOART & BIODESIGN – PRATIQUES INTERDISCIPLINAIRES AU SEIN DE PSL – 21 JUIN 2017

Paris Sciences et Lettres
labex TransferS
Projet « La vie à l’œuvre »

Workshop
Bioart & Biodesign
Pratiques interdisciplinaires au sein de PSL

Organisé par
Lia Giraud (SACRe – PSL/EnsadLab)
Dominique Peysson (EnsadLab)
Valérie Pihet (PSL – Recherche)
Perig Pitrou (CNRS – Laboratoire d’anthropologie sociale)

Paris, 21 juin 2017

Télécharger l’appel à communication en .pdf

Appel à communication

Dans le cadre du projet « La vie à l’œuvre » soutenu par l’université Paris Science et Lettres (Appel « Aux Frontières des Labex »), ce workshop vise à faire un état des lieux des actions menées au sein du périmètre PSL au croisement des sciences et des arts en relation avec le vivant, l’objectif étant de mieux comprendre les pratiques interdisciplinaires dans lesquelles s’engagent des artistes, des designers et des chercheurs – en sciences sociales comme en sciences de la nature. Tout en réfléchissant à la manière dont ces projets apportent des éclairages sur ce qu’est la vie et sur la transition non-vivant/vivant, on s’attachera à préciser les contextes institutionnels au sein desquels émergent ces expérimentations qui explorent les manières de mettre la « vie à l’œuvre », c’est-à-dire de créer des œuvres avec le vivant tout autant qu’à faire travailler des êtres vivants ou des processus vitaux. Cela invite tout d’abord à s’interroger sur les potentiels des projets en recherche-création, y compris dans leur dimension critique, à élargir le champ des problématiques traitées par la science et à contribuer à l’élaboration de nouveaux objets et de nouvelles méthodologies. Plus largement, un des enjeux est d’évaluer les potentiels – en termes de créativité, d’innovation, d’emploi et de formation – de ces collaborations.

Ce workshop privilégiera des présentations courtes – environ une dizaine de minutes – afin de favoriser les discussions et le partage de connaissances. Des moments de synthèse viseront à établir un premier bilan des actions menées et à esquisser des perspectives pour l’avenir.

Les propositions de communication et les demandes d’information doivent être adressées à Viao@univ-psl.fr avant le 30 avril 2017.

Calendrier
24 mars 2017 : Diffusion de l’appel à communication
30 avril 2017 : Date limite de la soumission des propositions
15 mai 2017 : Envoi des réponses aux participants
21 juin 2017 : Workshop

 

 

 

Appel à communications : Vers une écologie de la vie ? Relations, processus et évolutions depuis Bateson – Paris, 6 & 7 septembre 2016

Pépinière interdisciplinaire CNRS-PSL

« Domestication et fabrication du vivant »

Appel à communications

Workshop international

Vers une écologie de la vie ?

Relations, processus et évolutions depuis Bateson

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[Télécharger l’appel en version pdf]

David Jaclin (Université d’Ottawa)
Perig Pitrou (CNRS)

« La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international – la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous – ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature »

Bateson (1904-1980)

La pensée de Gregory Bateson marque un mo(uve)ment important de la pensée contemporaine qui se caractérise en particulier par un effort pour faire converger des savoirs en mobilisant des concepts et des méthodes provenant de champs disciplinaires aussi divers que la biologie, l’anthropologie, la communication ou la psychiatrie. La fécondité de la démarche de Bateson tient à sa capacité à s’appuyer sur les données empiriques provenant de ces domaines afin d’élaborer des problématiques et des modélisations qui, tout en étant liées à des contextes précis, ouvrent sur des approches théoriques transversales. Schizophrénie, jeu, rituels, symétrie(s), double contrainte, sont autant de prises – à la fois thématiques, épistémologiques et conceptuelles – sur le réel à partir desquelles la réflexion de Bateson se déploie en prêtant attention à la multiplicité des relations qui s’établissent entre les êtres et des dynamiques dans lesquelles ils sont engagés. C’est dans cette perspective que nous proposons de mener  une réflexion collective autour des éclairages que les travaux de Bateson apportent au développement d’une anthropologie de la vie.

Il s’agit en particulier de se pencher sur les manières de concevoir les processus vitaux – par exemple : la croissance, la reproduction, la régénération, etc. –, tels qu’ils se manifestent chez les êtres vivants ou dans les relations qu’ils établissent entre eux – par exemple : la prédation, la symbiose, la parasitisme. Un des enjeux est d’étudier comment ces « relations vivantes », permettent ou empêchent la vie d’exercer son action de matérialisation et de mise en forme, de telle sorte que les êtres et les systèmes vivants sont toujours engagés dans des processus évolutifs.

Pour rester fidèle à la démarche de Bateson, l’exploration de cette « écologie de la vie » gagne à porter un regard réflexif sur les implications d’une « écologie de l’esprit » pour s’interroger, dans une perspective méta-théorique, sur les capacités à modéliser le réel pour agir dessus, en particulier à travers l’étude des interfaces entre l’esprit, le corps et la nature. Un des objectifs théoriques est en effet de déterminer les relations de circularité et de complémentarité existant entre la vie psychique, la vie des corps et la vie telle qu’elle s’observe dans les environnements. Cela invite à se pencher non seulement sur des dynamiques matérielles (depuis l’échelle moléculaire jusqu’à des phénomènes de morphologie sociale, par exemple), mais aussi sur les entrelacs entre les manières de faire et de penser (soit des rapports pratiqués; habituels, déviants, constituants, etc.). Afin d’éviter d’envisager l’évolution comme quelque chose de trop lisse, mécanique ou uniforme, nous suggérons de mettre l’accent sur la question du choc, de la non-adaptation, de l’obstacle. En suivant les différents mouvements et leurs polarités (fragilité/solidité ; instabilité/stabilité) il sera alors intéressant de retracer certaines entreprises cartographiques (anthropologiques, communicationnelles, psychologiques ou philosophiques) attachées à des zones de contact.

Presque quarante ans après la mort de Bateson, nous souhaitons donc faire écho à sa pensée des relations et de la vie en organisant un atelier qui suivrait, et la lettre, et l’esprit de Bateson. À côté de présentations classiques lors de tables rondes, des déplacements sont prévus dans différents environnements, naturels et urbains, pour vivifier les discussions entre les chercheurs.

Les propositions de communications sont à envoyer avant le 27 mai 2016 (perig.pitrou@college-de-France.fr et djaclin@uottawa.ca). Une réponse sera donnée avant le 6 juin 2016.

Appel à communication : « Les biobanques : quelles reconfigurations pour le vivant ? »

Pépinière interdisciplinaire CNRS-PSL

« Domestication et fabrication du vivant »

Appel à communication

Les biobanques : quelles reconfigurations pour le vivant ?

Approches interdisciplinaires et comparatives

Colloque International

12 & 13 Mai 2016 – Paris

Fabien Milanovic (Sup’Biotech)

Noémie Merleau-Ponty (EHESS)

Perig Pitrou (CNRS/LAS)

Télécharger l’appel

Les organismes vivants recèlent de nombreux éléments modifiables, reproductibles et conservables, qui sont les supports de pratiques scientifiques, médicales, agricoles, industrielles. Les “ressources biologiques” jouent, et sont appelées à jouer, un rôle croissant au sein d’une “bio-économie” qui se développe autour de l’usage de matériaux de diverses origines (humaines, animales, végétales, microbiennes). Dans ce contexte, il convient d’être attentif au fait que ces ressources sont moins des entités toutes faites que des produits élaborés par l’activité humaine en vue de finalités variant selon les contextes culturels et économiques. En portant l’attention sur les biobanques, nous souhaitons explorer la diversité des modalités de reconfiguration du vivant qui sont à l’œuvre dans ces pratiques de production et de mise en circulation. Les biobanques sont en effet des espaces – centralisés ou, au contraire, disséminés – qui « travaillent » le vivant en réalisant une multitude d’opérations (classer, stocker, faire circuler, rendre disponible, etc.) qui inscrivent ces institutions au centre d’un réseau mettant en relation divers acteurs sociaux. Prolongeant cette transformation technique des biomatériaux – qui joue sur leur (re)qualification ontologique –, les biobanques ont également un rôle de connecteur, participant à un processus de socialisation du vivant et de ses composants (Milanovic 2008). Au lieu d’aborder les biobanques comme des simples instruments et de les traiter comme des boites noires dont le fonctionnement interne serait laissé dans l’ombre, ce colloque invite à proposer des communications qui se penchent sur le travail effectif de production du vivant dans des espaces socialisés.

En décidant de ne pas assigner les biobanques à un règne particulier et en élargissant l’enquête à des contextes impliquant des éléments humains, animaux, végétaux ou microbiens, ce colloque souhaite comparer les similitudes et les différences qui apparaissent dans des domaines souvent structurés de manières distinctes afin de saisir certains enjeux transversaux communs à la manipulation des êtres vivants et des biomatériaux. Pour ce faire, on suggère de privilégier des approches dynamiques mettant l’accent sur les processus, afin d’envisager ces phénomènes à partir d’un développement temporel qui fait apparaître une séquentialité et une pluralité d’agents. Appréhender ainsi la chaîne de mise en banque du vivant, de l’entité vivante jusqu’aux actions qui engagent des collections ou des fragments de collection, c’est se donner la possibilité de saisir la complexité et l’hétérogénéité de l’activité d’une biobanque et qui est loin de se réduire à du stockage associé à des enjeux marchands et éthiques. Comment s’organisent les chaînes opératoires de mise en banque du vivant? Quels sont les obstacles récurrents à la réussite de ces entreprises? Quelles sont les spécificités liées à la mise en banque d’entités vivantes d’origines humaine, végétale, animale ou autres ? Quelles transformations le vivant subit-il dans le cours de ces actions? Comment de nouveaux pouvoirs et valeurs lui sont-ils conférés à mesure que s’établissent de nouveaux circuits de distribution et de nouveaux marchés pour les ressources biologiques?

La notion de processus offre par ailleurs la possibilité d’affiner la compréhension du vivant, au lieu de l’aborder comme s’il s’agissait d’un phénomène unitaire. Canguilhem proposait d’envisager la vie comme un “ordre de propriétés” ; dans le même ordre d’idées, il s’avère pertinent de parler de processus vitaux pour préciser les phénomènes spécifiques (reproduction, croissance, régénération, dégénérescence) sur lesquels les humains s’interrogent ou exercent leurs actions. Un des enjeux du colloque sera de saisir comment ces divers processus vitaux se trouvent enchâssés dans des processus techniques spécifiques mis en place par les biobanques. À travers ces imbrications, on souhaite analyser les redéfinitions du vivant qui sont en jeu, mais aussi les représentations inédites (visuelles, sémantiques, etc.) qui se développent chez les scientifiques et dans la société civile autour de la molécularisation du vivant (Rose 2007), de la vie liminale (Squier 2004), ou de la vie envisagée comme un « surplus » (Cooper 2008).

Pour travailler ce questionnement, nous invitons à des approches interdisciplinaires et comparatives (entre règnes mais aussi entre différents ensembles géographiques) afin de cerner ce que les biobanques font au vivant. Interdisciplinaires, parce que c’est à l’intersection de différents champs socio-techniques que se jouent les reconfigurations qui intéressent ce colloque et parce que tout savoir est lui-même partiel et situé. En ce sens, travailler à plusieurs disciplines sur le même objet d’étude, c’est multiplier les angles de lecture et les croisements d’analyse, propices à faire jaillir les combinatoires inhérentes aux processus de re-configuration. Comparatives, car la biologie est tout aussi globale que locale. Façonnés par une communauté scientifique internationale – elle-même travaillée par des problématiques locales (infrastructures, politiques, idéologies, et.) – les savoirs de la biologie sont déployés localement, dans des espaces socio-culturels où les processus en jeu sont pourvus de logiques diverses non réductibles à des connaissances générales. Des propositions de communications sont donc attendues de la part de chercheur(e)s issues de disciplines liées aux sciences de la vie, sciences biomédicales, sciences sociales – étudiant l’humain, l’animal, le végétal, les micro-organismes. Des témoignages de responsables de biobanques ou de dispositifs liés aux biobanques sont également bienvenus. Enfin, des restitutions d’expériences de mise en banque et d’utilisation du vivant en diverses aires géographiques sont aussi attendues.

Envoyez vos propositions à Fabien Milanovic (Fabien.Milanovic@supbiotech.fr) et Noémie Merleau-Ponty (noemiemp@gmail.com).

Remise des titres et résumés : 15 janvier 2015

Réponse des organisateurs : 15 février 2016