Archives pour la catégorie Publications

DOSSIER OCEANIA – « THE INTERWEAVING OF VITAL AND TECHNICAL PROCESSES IN OCEANIA »

Cher.e.s ami.e.s, cher.e.s collègues,

J’ai le plaisir de vous annoncer que les articles du dossier « The interweaving of vital and technical processes in Oceania » que j’ai dirigé avec Ludovic Coupaye sont accessibles sur le site de la revue Oceania (http://onlinelibrary.wiley.com/journal/10.1002/(ISSN)1834-4461). Je vous joins le PDF de notre introduction.

Lien vers le pdf

J’en profite pour vous redonner les liens vers les autres publications collectives publiées sur les thématiques de la domestication et de la fabrication du vivant et, plus largement, de l’imbrication des processus vitaux et des processus techniques.

2017 (avec Dominique Lestel) « Life Under Influence », numéro spécial NatureCulture, 4 (http://natureculture.sakura.ne.jp) .

2016 (avec Olivia Angé) « Miniatures in Mesoamerica and the Andes: Theories of Life, Values, and Relatedness »Journal of Anthropological research, 72, 4.

2016  « Action rituelle, mythe, figuration. L’imbrication des processus vitaux et des processus techniques en Mésoamérique et dans les Basses-Terres d’Amérique du Sud », numéro spécial Revista de antropologia, 59, 1. (http://www.revistas.usp.br/ra)

2016 (avec Ludovic Coupaye et Fabien Provost) « Des êtres vivants et des artefacts. L’imbrication des processus vitaux et des processus techniques », Actes du colloque, musée du quai Branly, 9 & 10 avril 2014. (https://actesbranly.revues.org/653)

Bien cordialement,

Perig

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NATURECULTURE.04 – LIFE UNDER INFLUENCE

Life under Influence

NatureCulture.04
2017

Ce numéro de NatureCulture « Life Under Influence » est dirigé par Dominique Lestel (ENS) & Perig Pitrou (CNRS-LAS), et il reprend les communications données à un workshop organisé par D. Lestel à la Maison Franco-Japonaise en 2014. Avec l’aide de la Pépinière Interdisciplinaire Domestication et Fabrication du Vivant.

[Lien vers le numéro]

Introduction
Dominique Lestel and Perig Pitrou

Life as a Making
Perig Pitrou

How Machines Force Us to Rethink What It Means to Be Living
Dominique Lestel

Te Body with Anonymous Organs
Goro Yamazaki

Robots: Technical Individuals and Systems
Paul Dumouchel

Viral Life, at Last
Thierry Bardini

séminaire « anthropologie de la vie et des représentations du vivant », mercredi 23 novembre, Martin Fortier « L’animisme est un anti-essentialisme : illustration par le cas de l’ethnobiologie amazonienne »

 

École des Hautes Études en Sciences Sociales
Pépinière Interdisciplinaire CNRS-PSL
« Domestication et fabrication du vivant »
Laboratoire d’anthropologie sociale

Dimitri Karadimas (CNRS, Laboratoire d’anthropologie sociale)
Perig Pitrou (CNRS, Laboratoire d’anthropologie sociale)

Séminaire
« Anthropologie de la vie et des représentations du vivant »

Martin Fortier

mercredi 23 novembre, 17 h à 19 h
(salle 7, 105 bd Raspail 75006 Paris)

« L’animisme est un anti-essentialisme :
illustration par le cas de l’ethnobiologie amazonienne »

Le concept de (nouvel) animisme a connu ces dernières années une popularité grandissante. Forgé dans un contexte amazonien (Viveiros de Castro, 1996 ; Descola, 2005), mais rapidement étendu à d’autres aires (e.g., Brightman, Grotti & Ulturgasheva (eds), 2012), l’animisme a été redéfini comme une manière d’appréhender le monde selon laquelle les états mentaux se trouveraient très libéralement attribués aux êtres (« continuité des intériorités », « monoculturalisme », « hypermentalisme ») et les corps seraient reconnus comme lieu de singularisation et de différenciation (« discontinuité des physicalités », « multinaturalisme »). Je commencerai par expliquer pourquoi il me semble qu’un tel modèle échoue à saisir la spécificité des données ethnographiques propres aux aires où prévaut un fort animisme.

Après avoir brièvement présenté les inconséquences conceptuelles et empiriques du modèle dominant de l’animisme, je tenterai de soutenir que les données ethnographiques caractérisant l’animisme peuvent en réalité être étonnement bien modélisées à l’aide d’un nouveau concept clé : celui d’anti-essentialisme (en son acception psychologique promue par Susan Gelman (2003)). L’anti-essentialisme peut notamment s’appliquer à trois niveaux distincts : (i) l’identité personnelle, (ii) l’identité ethnique, (iii) l’identité biologique. Je m’en tiendrai ici essentiellement au niveau (iii) et je me restreindrai à l’illustration de ce concept dans un cadre strictement amazonien. Proposant une revue de la littérature ethnographique amazoniste de ces dernières décennies, je tenterai donc de montrer comment l’anti-essentialisme permet d’efficacement et rigoureusement saisir l’essentiel des traits de la pensée indigène amazonienne.

Je me confronterai ensuite à une série d’objections possibles venant de l’anthropologie cognitive. Certaines formes d’anti-essentialisme ont déjà retenu l’attention par le passé (e.g., Astuti, 1995), mais chaque fois que des pensées apparemment non essentialistes ont été testées expérimentalement, elles ont conduit à l’établissement de l’existence d’un essentialisme psychologique implacablement universel (Sousa, Atran & Medin, 2002 ; Astuti, Solomon & Carey, 2004 ; Bloch, 2005 ; Moya, Boyd & Henrich, 2015). Ma proposition pourrait du reste sembler paradoxale puisqu’il a été justement proposé que l’essentialisme était une composante nodale de l’animisme (Stépanoff, 2015). Je montrerai en quoi le modèle de l’animisme comme anti-essentialisme ne contredit pas forcément les études expérimentales existantes et soulignerai aussi les limites de ces études, qui ne font pas toujours vraiment justice aux données ethnographiques. A l’appui de mes propositions, je présenterai une première série de données expérimentales récemment recueillies en Amazonie péruvienne, auprès de Shipibo et de Huni-Kuin (Fortier et al., En préparation).

Cela me conduira en définitive à redéfinir l’animisme moins comme un contenu spécifique (e.g., l’hypermentalisme) que comme un style cognitif générant des contenus ouverts (c’est-à-dire comme l’induction de propriétés fondée sur un schéma fondationnel non-essentialiste et écologique plutôt qu’arborescent). Je montrerai que ce style, qui repose sur la conception anti-essentialiste, dynamique et relationnelle des êtres du monde, a déjà été en partie documenté (Atran & Medin, 2008 ; Medin & Bang, 2014) et qu’il pourrait être étudié de manière plus approfondie et particulièrement féconde à l’aide des modèles bayésiens de la cognition (Tenenbaum, Griffiths & Kemp, 2006 ; Shafto et al., 2011 ; Tenenbaum et al., 2011). En conclusion, je suggérerai que le concept d’essentialisme pourrait être utilisé comme pierre angulaire d’une grande systématique comparative redéfinissant en des termes clairs et expérimentalement testables des notions telles que l’animisme, le naturalisme, le totémisme, l’analogisme, le perspectivisme, l’individualisme, l’holisme, etc.

Ouvert à tous

Renseignements : perig.pitrou@college-de-france.fr

Perig Pitrou – Individu, famille, communauté. Niveaux d’organisation et émergence de la vie chez les Mixe de Oaxaca (Mexique)

Individu, famille, communauté. Niveaux d’organisation et émergence de la vie chez les Mixe de Oaxaca (Mexique)

Perig Pitrou
CNRS – Laboratoire d’anthropologie sociale

Social Science Information
2016
[Lien vers l’article]

A la différence de la notion d’origine, qui inscrit le moment de l’apparition dans un espace- temps unique, la notion d’émergence – a fortiori quand on l’envisage au pluriel – ouvre sur l’idée qu’il y a une multiplicité de moments lors desquels apparaissent de nouvelles configurations, selon une logique alliant « le hasard et la nécessité ». C’est la raison pour laquelle les sciences de la nature, qui étudient la vie comme un processus émergent, élaborent des modèles explicatifs qui dépassent les approches strictement causales pour aborder la dimension dynamique du phénomène. Pour les sciences sociales, en particulier pour l’anthropologie de la vie, ce problème devient encore plus épineux puisque l’analyse doit, de surcroît, prendre acte des variations, dans l’espace et dans le temps, des conceptions que les humains se font de la vie et des processus vitaux. A partir d’une enquête ethnographique réalisée chez les Mixe de Oaxaca, au Mexique, cet article explore comment ces Amérindiens pensent l’émergence des nouveaux individus au sein de leur communauté. L’étude conjointe d’un rite de naissance, d’une cérémonie de mariage et de rites politiques impliquant des sacrifices de volailles adressés à une entité appelée « Celui qui fait vivre » met en évidence un souci réitéré d’articuler l’émergence d’une forme vivante (Life Form) humaine avec le développement de compétences conformes à la forme de vie (Form of Life) au sein de laquelle elle est appelée à s’insérer comme un nouveau centre d’activité. Un des enjeux pour l’anthropologie de la vie est de comprendre comment l’émergence de la vie – envisagée sous sa dimension physiologique/corporelle et relationnelle/comportementale – implique plusieurs échelles d’organisation (individuelle, familiale, communautaire), qui connectent l’existence biologique d’un être humain avec son devenir comme membre d’une communauté, en particulier lorsqu’il assume des fonctions politiques.

The Many Lives of Viruses – Perig Pitrou

The Many Lives of Viruses
Perig Pitrou

Texte en ligne et en accès libre sur Somatosphere.net : [Texte complet].

Ce commentaire fait partie d’une discussion concernant l’ouvrage de Carlo Carduff, The Pandemic Perhaps: Dramatic Events in a Public Culture of Danger (University of California Press, 2015). La liste des textes formant cette discussion est disponible ici : [Book forum- Carlo Caduff’s The Pandemic Perhaps]

In chapter 1, Carlo Caduff aptly explains how, since André Lwoff’s seminal 1957 paper[1], the ontological status of viruses has remained ambiguous. Indeed, “The fact that viruses can multiply rapidly and adapt systematically to changing circumstances suggests that they are living things. The fact, however, that they can multiply, mutate, and adapt only in the presence of living cells suggests that they are not autonomous organisms. Furthermore, viruses are also unable to perform essential metabolic functions” (57). As discussed by Thierry Bardini, who is working on “viral life,” the decision by biologists whether or not to put viruses in the category of living things was at the beginning of virology “une affaire de goût”–although, since then, the discovery of Mimivirus, Mamavirus and Spoutnik has supported the argument to place these beings in the latter category[2]. In any case, it seems that, instead of the quite sterile ontological question–“alive or not alive”–it is much more fruitful to adopt a pragmatic standpoint on this topic, and, as I suggest in recent papers, to study living beings within the “agentive configurations” where they appear, in order to better understand both the evolution of living beings and their relations with an environment[3]. Although the main topic of The Pandemic Perhaps is to develop a multi-scale study of flu pandemics, I should say that I consider this book as a great contribution for the anthropology of life and it is on this point I would like to comment. Caduff’s excellent investigation, both ethnographic and historical, offers a very convincing analysis of the material and conceptual configurations in which viruses are engaged, hence demonstrating the value of approaches which explore the agency of living beings and vital processes[4]. He offers insightful ideas that shed new light on fundamental aspects of life [Texte complet].