Archives pour la catégorie Sciences et société

Biomimétismes. Imitation des êtres vivants et modélisation de la vie

Biomimétismes

Imitation des êtres vivants et modélisation de la vie


Biomimicry

Imitation of living beings and modeling of life

Techniques&Culture, n° 73, 2020

Sous la direction de Lauren Kamili, Perig Pitrou et Fabien Provost

Un numéro préparé dans le cadre des activités de l’équipe Anthropologie de la vie (Laboratoire d’Anthropologie Sociale)

Avec le soutien de la Mission pour les Initiatives Transverses et Interdisciplinaires du CNRS

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Chères et chers collègues,

Nous avons le plaisir de vous annoncer la parution du numéro 73 de la revue Techniques&Culture (1/2020). La version imprimée sera disponible en librairie à la rentrée, mais est d’ores et déjà disponible en intégralité, via abonnement ou accès payant sur la plateforme Cairn.

[http://www.cairn.info/revue-techniques-et-culture-2020-1.htm]

Consultez en ligne en accès libre la rubrique dédiée ‘suppléments TC 73’.

[https://journals.openedition.org/tc/13311]

Lauren Kamili, Perig Pitrou et Fabien Provost

Couverture 73 Biomimétismes

Le biomimétisme est souvent présenté comme une solution à la crise écologique que traversent les sociétés humaines. Pour ses défenseurs, cette approche pourrait instaurer, ou restaurer, un rapport moins destructeur à l’environnement, en adoptant des démarches et des processus de fabrication imitant la nature. Mais au moment d’esquisser les idées directrices pour de nouveaux modèles d’actions individuelles et collectives, il convient de réfléchir aux conceptions de la nature, de la vie et de la technique associées à ces pratiques, et pas seulement dans les sociétés occidentales. Plutôt que de considérer l’imitation de la nature et de la vie comme un mécanisme universel, il s’avère crucial de réfléchir aux fondements anthropologiques du biomimétisme ou – pour insister sur la diversité des pratiques – des « biomimétismes ». Les textes rassemblés dans ce numéro explorent l’inventivité des sociétés, présentes et passées, lorsqu’elles cherchent dans leur environnement une source d’inspiration pour fabriquer des objets et organiser leur existence collective selon des finalités variées.

La biologie de garage (ne) changera (pas) le monde

La biologie de garage (ne) changera (pas) le monde

Entretien avec Morgan Meyer, sociologue de l’innovation

La biologie de garage promet de mettre entre les mains de chaque citoyen les moyens de réaliser chez soi des tests et expériences en tout genre. En pratique il s’agit surtout de projets extra-institutionnels réalisés par de brillants étudiants et scientifiques en biologie de synthèse, ce domaine émergent qui veut reprogrammer le vivant en manipulant le matériel génétique. Révolution de l’approche scientifique ou simple hobby d’étudiants ? Émancipation citoyenne ou risque terroriste ? Discussion avec le sociologue de l’innovation Morgan Meyer sur ce mouvement qui se veut accessible et open source.

Jeudi 23 Septembre 2014, MyScienceWork : [lien]

Jusqu’où manipuler le vivant ? Entretien paru dans le Journal du CNRS

Le 27 mars 2014, l’information publiée sur le site de Science a fait l’effet d’une petite bombe : des chercheurs ont réussi à synthétiser un chromosome entièrement artificiel de levure de boulanger et à l’insérer dans le génome de celle-ci ! Une première chez les eucaryotes – le groupe des organismes multicellulaires réunissant les animaux, les plantes, les champignons…- qui relance le débat sur la manipulation du vivant et la biologie de synthèse : jusqu’où est-il possible d’aller et pour quoi faire ? Dans quelle mesure intervenir sur un être vivant porte-t-il atteinte à son identité ? Et surtout, qu’est-ce que le vivant ?
C’est notamment pour tenter d’apporter des éléments de réponse à ces questions vertigineuses qu’une pépinière interdisciplinaire vient d’être lancée par le CNRS et l’université de recherche Paris Sciences Lettres. Outre ce thème « Domestication et fabrication du vivant », les travaux de la pépinière porteront sur un second axe intitulé « Ecologie, évolution, développement ». Son originalité : faire dialoguer aussi bien des chimistes, biologistes et physiciens que des spécialistes des sciences sociales (anthropologues, sociologues, mais aussi juristes, historiens…), à travers notamment l’organisation de journées d’étude et de colloques, dont le premier se tient les 9 et 10 avril au musée du quai Branly…

Laure Cailloce, Journal du CNRS, article publié le 9 avril 2014.

L’expérience comme verbe

L’expérience comme verbe

Education permanente. Parution n°198 – 2014-1

Mathias Girel

L’anglais philosophique dispose d’une ressource qui n’existe pas en français : la capacité à faire de l’expérience un verbe. « To experience », fréquent chez Dewey, permet de décrire ce qui est un processus plus qu’un objet, tout en conservant au cœur de cette construction grammaticale le concept cardinal de l’empirisme, là où le français, s’il ne recourt pas à un néologisme, doit se contenter d’« éprouver », de « ressentir » ou d’« expérimenter ». La solution la plus satisfaisante est sans doute « faire l’expérience de », mais elle perd la simplicité de la construction verbale anglaise… Sans trancher sur la question, l’auteur présuppose que l’on peut s’autoriser à utiliser en français le verbe « expériencer », pour voir ce que cet usage permettrait d’ouvrir, mais aussi quels contresens il permettrait d’éviter. Cela conduit l’auteur à entrer dans le détail de deux sophismes que Dewey veut déraciner : la réduction de l’expérience à la connaissance de cette expérience, et la réduction de l’expérience aux éléments simples introduits pour l’analyser.

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Agnotologie : Mode d’emploi

Agnotologie: Mode d’emploi

Mathias Girel

« Agnotologie: Mode d’emploi ». Critique. 2013/12 (n° 799)

Il y a quelque chose d’indélicat à s’enquérir de l’ignorance supposée des autres ; à cette indélicatesse peuvent être associés plusieurs profils, tout aussi détestables les uns que les autres. Tout d’abord celui de l’érudit mal élevé qui fait chèrement payer à son entourage la peine qu’il s’est lui-même donnée pour ne pas être ignorant ; personnage redoutable aussi bien quand il feint d’affirmer un truisme (l’odieux « Comme vous le savez,… ») que lorsqu’il semble révéler un secret (l’inquiétant « Savez-vous que ? »). L’ éducateur arrogant, deuxième type de profil possible, pense a priori toute forme de partage de savoir en termes de « déficit » de connaissance, déficit qu’il attribue aux autres – « les masses », « le peuple » ou « le public » – pour justifier une action énergique sur eux ou, mieux, pour gouverner sans eux. Quant au conspirationniste paranoïaque, troisième possibilité, il voit partout les traces d’un complot destiné à dissimuler à la plupart de ses contemporains, sauf à lui-même, les rouages secrets de ce monde. Les uns et les autres partent d’un constat raisonnable et sensé, dont ils ont simplement le tort d’amplifier les termes de façon excessive, jusqu’à en faire des « faussetés monstrueuses

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