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Perig Pitrou – Life as a process of making in the Mixe Highlands (Oaxaca, Mexico): towards a ‘general pragmatics’ of life

Life as a process of making in the Mixe Highlands (Oaxaca, Mexico): towards a ‘general pragmatics’ of life

Journal of the Royal Anthropological Institute

Perig Pitrou CNRS, Laboratoire d’Anthropologie Sociale

n contrast to Western philosophy, which has considered the distinction between life and the living to be fundamental, anthropology seems not to have given much thought to the difference between the two. However, the existence of an entity called ‘The One Who Makes Live’ among the Mixe, an Amerindian group living in the state of Oaxaca in Mexico, proves that ethno-theories of non-Western peoples often make the distinction between the characteristics and vital processes of living beings (growth, degeneration, reproduction, etc.), on the one hand, and the more or less personified causes that produce them, on the other. Given these circumstances, this article pursues a two-fold objective. First, based on the results of ethnographic inquiry, it tries to describe the categories of nonhuman agents with which the Mixe understand this production or making of the living. Second, it suggests that, in parallel with numerous approaches developed by anthropologists past and present, the anthropology of life would benefit from an approach based on a ‘general pragmatics’ in order to better understand the diversity of conceptions of life.

2014 Perig Pitrou – Life as a process of making in the Mixe Highlands (Oaxaca, Mexico): towards a ‘general pragmatics’ of life

Transfert de matières, transplantation et fabrication du vivant : colloque interdisciplinaire les 21 et 22 Novembre à Paris

Transfert de matières, transplantation et fabrication du vivant

Organisateurs : Ludovic Jullien, Marie Le Clainche – Piel, Perig Pitrou, Catherine Rémy

Les 21 et 22 Novembre 2014

Grand Amphithéâtre, Université Paris Descartes, 12 Rue de l’École de Médecine, 75006 Paris : [plan d’accès]

Ouvert à tous et gratuit, sur inscription : Cliquez ici pour remplir le formulaire d’inscription

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Les êtres vivants constituent des organisations singulières de la matière. A l’échelle de l’individu, ils possèdent une certaine autonomie qui leur permet de s’auto-réparer, de se régénérer. Pour autant, à l’échelle des populations, ces systèmes sont aussi doués de plasticité comme l’illustre le processus d’évolution qui s’interprète comme du bricolage (F. Jacob, 1981 ; Le jeu des possibles. Essai sur la diversité du vivant. Fayard, Paris) : de nouvelles espèces apparaissent constamment à l’issue d’assemblages aléatoires récupérant et intégrant des éléments étrangers (M. W. Kirschner, J. C. Gerhart, 2005 ; The Plausibility of Life, Resolving Darwin’s Dilemma, Yale University Press).

Assemblages, bricolages sont donc des processus inhérents à l’existence des êtres vivants. La science et les techniques médicales se sont développées dans la lignée de cette configuration. La transplantation d’organes en est l’un des exemples le plus paradigmatique. Conséquence de la médecine des organes et de l’établissement d’une relation causale entre un organisme vivant déficient et une maladie, des chirurgiens prélèvent depuis le XIXème siècle des morceaux ou matières étrangères en vue du rétablissement des fonctions associées (T. Schlich, 2010). La transplantation d’organes est régulièrement décrite comme l’un des grands miracles de la science moderne. Si cette perception des greffes comme miraculeuse apparaît justifiée, elle a néanmoins pour effet négatif de masquer les divers problèmes soulevés par cette technique médicale pour les êtres prélevés, transplantés, et ceux qui les entourent (L. Sharp, 2006 ; M. Lock, 2001). Cette focalisation sur la performance technique de la greffe d’organes a également une seconde conséquence fâcheuse : elle fait oublier le lien entre ce procédé et le bricolage inhérent au vivant et occulte tout un ensemble de pratiques de transfert de matières, provenant d’humains mais aussi de non-humains, qui contribuent depuis plusieurs siècles au soin mais aussi à la fabrication des existants. C’est à partir de ce constat qu’est née l’idée de cette conférence.

Il s’agira en quelque sorte de remettre la transplantation d’organes « à sa place », c’est-à-dire au côté d’un ensemble de pratiques hétéroclites de transferts et de bricolages de matières entre les vivants. La liste des « intrus » s’en trouve ainsi considérablement enrichie. Des bactéries ou cellules souches, en passant par du sang ou des organes d’animaux, ou bien encore par des morceaux d’humains inhabituels comme le visage, l’objectif de cette conférence est de dresser un panorama des transferts de matières qui sont réalisés en contexte de recherche ou en milieu médical afin d’en cerner la diversité et la complexité socio-technique (M. Akrich, M. Callon, B. Latour, 2006). Au-delà de la monstration, la visée est également comparative : quelles sont les similitudes et divergences qui apparaissent entre ces diverses innovations et leur mise en œuvre effective? Qu’en est-il de l’identité des êtres humains qui reçoivent ces transferts ? Quel est leur impact sur les théories des composantes de la personne ? Comment interagissent les niveaux chimiques, physiologiques, organiques, psychologiques et sociaux ? À travers ce jeu d’échelles et de matières, la visée est de mieux comprendre l’impact qu’ont eu et que continuent à avoir le transfert et la transplantation de matières sur la fabrication des vivants.

Bibliographie :

  • Akrich, M., Callon, M., Latour, B., 2006, Sociologie de la traduction : Textes fondateurs, Paris, Presses de l’Ecole des Mines
  • Jacob, F., 1981, Le jeu des possibles. Essai sur la diversité du vivant, Fayard, Paris
  • Kirschner, MW., Gerhart, JC., 2005, The Plausibility of Life, Resolving Darwin’s Dilemma, Yale University Press
  • Lock,  M.,  2002, Twice Dead: Organ Transplants and the Reinvention of Death. Berkeley, University of California Press
  • Schlich, T., 2010, The Origins of Organ Transplantation. Surgery and laboratory science. 1880 – 1930, University of Rochester Press

21 Novembre 2014

9h Accueil des participant.e.s

9h20 Introduction par les organisateurs

ATELIER 1 Jeux de matières et d’échelle : des transferts insolites

Présidente de séance : Catherine Rémy

9h30 Conférence introductive d’Alain Prochiantz (Collège de France, Paris) – Individuation permanente

10h15 Jérôme Larghero (Université Paris Diderot, Paris) – Médecine régénératrice : exemple de la thérapie cellulaire cardiaque

11h15 Philippe Seksik (UPMC, Paris) – Transplantation de microbiote fécal (TMF)

11h45 Discussion Andreas Mayer (CNRS)

12h15 Buffet-Déjeuner

ATELIER 2 – Artefact, Animal, Humain : transferts et frontières d’humanité

Président de séance : Ludovic Jullien

13h30 Conférence introductive de Christian Baudelot (ENS, Paris) – Transplantation rénale avec donneur vivant : une mutualisation plus qu’un don

14h15 Yosuke Shimazono (Osaka University, Osaka) – Kidneys as contested commodities: An anthropological study on kidney donation in the Philippines

15h15 Catherine Rémy (CNRS, Paris) – La xénogreffe et la question de l’hybridité homme-animal

15h45 Marie Le Clainche-Piel (EHESS, Paris)  – S’engager dans la réparation de son visage : de l’enjeu de singularité à celui du retour aux collectifs

16h15 Bernard Devauchelle (Service de Chirurgie Maxillo-Faciale, CHU d’Amiens, Institut Faire Face) et Sophie Cremades (Psychiatrie de liaison, CHU d’Amiens, Institut Faire Face) – Défiguration – Refiguration – Identité

17h00 Discussion Marie Gaille (Université Paris Diderot, Paris)

22 Novembre 2014

9h Accueil des participant.e.s

ATELIER 3 – Transculturel autour du transfert de matières Président de séance : Perig Pitrou

9h30 Visite du musée d’Histoire de la Médecine

10h30 Conférence introductive de Maylis de Kerangal – La fiction comme organisme et écosystème. Remarques sur la fabrication du vivant

11h15 Florence Paterson (Mines ParisTech, Paris) – Faire circuler des organes : regard sur deux modalités de régulation des organes en France

11h45 Discussion

12h15 Buffet-Déjeuner

13h30 Charlotte Ikels (Case Western Reserve University, Cleveland) – Organ Transplantation in China : The Roles of Culture and Politics

14h00 Lawrence Cohen (Berkeley University, Berkeley)  – About organ transplantation in India

14h30 Discussion Julie Noack (ENS, Lyon)

15h00 Conférence de clôture de Simone Bateman (CNRS, Paris) – L’Essai sur le don de Marcel Mauss est-il toujours d’actualité? Transfert de matières humaines pour la recherche : le cas particulier des tissus résiduels

Cette annonce est référencée sur Calenda à l’adresse suivante : http://calenda.org/303947 Lire la suite Transfert de matières, transplantation et fabrication du vivant : colloque interdisciplinaire les 21 et 22 Novembre à Paris

Séminaire « Anthropologie de la vie et des représentations du vivant » (2014-2015)

Laboratoire d’anthropologie sociale
Pépinière Interdisciplinaire CNRS-PSL « Domestication et fabrication du vivant »
École des Hautes Études en Sciences Sociales

Séminaire « Anthropologie de la vie et des représentations du vivant »
Collège de France, 3, rue d’Ulm, 75005 PARIS, rez-de-chaussée
Mardi, 11-13h

Dimitri Karadimas (CNRS, Laboratoire d’anthropologie sociale)
Perig Pitrou (CNRS, Laboratoire d’anthropologie sociale)

Depuis ses origines, l’anthropologie n’a cessé d’aborder la question de la vie à partir de diverses perspectives, en étudiant la vie sociale des groupes humains, les ethnoclassifications ou encore les rites qu’Hocart proposait d’envisager comme les applications d’une « science de la vie ». Plus récemment, se sont développées des approches relevant de l’anthropologie cognitive, de la phénoménologie, de la sémiologie ou de l’anthropologie des techniques tandis que les travaux consacrés à la biopolitique ou aux biotechnologies se sont multipliés. L’objectif du séminaire est d’articuler les résultats obtenus dans ces différentes traditions méthodologiques afin de réfléchir à la manière dont la vie pourrait devenir un véritable objet d’investigation pour l’anthropologie. Dans cette perspective, une attention particulière sera consacrée à l’analyse des modalités (mentales, figuratives, linguistiques) de la représentation des processus vitaux – par exemple : la croissance, la régénérescence, la reproduction, le mouvement – ainsi que des causes qui les produisent. Tout en accordant une place centrale à l’analyse des données ethnographiques, le séminaire entend favoriser une approche comparatiste des ethnothéories de la vie, en instaurant un dialogue interdisciplinaire avec d’autres disciplines des sciences humaines et sociales ou des sciences de la nature.

18 novembre 2014 – Dimitri Karadimas & Perig Pitrou

Life Forms et Forms of Life (I)

25 novembre 2014 – Dimitri Karadimas & Perig Pitrou

Life Forms et Forms of Life (II)

2 décembre 2014 – Oron Catts (Symbiotica, U. Western Australia)

Neolifism. Life as an instrument

20 janvier 2015 – Dimitri Karadimas & Perig Pitrou

Life Forms et Forms of Life (III)

3 février 2015 – Arnaud Morvan (Laboratoire d’anthropologie sociale)

Flux et temporalité dynamique dans les représentations aborigènes du vivant (nord-ouest australien)

3 mars 2015 – Gisli Palsson (U. of Iceland – King’s College, London)

Anthropologies of Life : The Curious Case of Human Variation

24 mars 2015 [entre 11h et 19h, atelier « Domestication et fabrication du vivant »]

Stefan Helmreich (MIT)

The Domestication of the Wave

Heither Paxson (MIT)

Domesticating the Life of Cheese: Value and Vitality in American Artisanal Cheesemaking

Elizabeth R. Johnson (U. of Exeter)

Biomimetic science and the politics of fabricating ‘pluripotent’ life

7 avril 2015 – Dimitri Karadimas & Perig Pitrou

Life Forms et Forms of Life (IV)

5 mai 2015 – Yves Citton (U. de Grenoble)

Observer la vie des esprits : peut-on faire de Charles Tiphaigne de La Roche un terrain ethnographique ?

Florent Coste (U. de Lorraine)

Formes de vie : généalogie médiévale d’une notion anthropologique

19 mai 2015 – Dimitri Karadimas & Perig Pitrou

Life Forms et Forms of Life (V)

2 juin 2015 – Frédérique Ildefonse (CNRS)

Éléments de philosophie antique sur la vie et le vivant

23 juin 2015João Biehl (Princeton University)

Vita : Social Abandonment and Human Plasticity

[Séance reportée à une date ultérieure]

Ouvert à tous (renseignements : perig.pitrou@college-de-france.fr )

La vie, un objet pour l’anthropologie ?

La vie, un objet pour l’anthropologie ?
Options méthodologiques et problèmes épistémologiques

Par Perig Pitrou

Pitrou, Perig. « La vie, un objet pour l’anthropologie ? Options méthodologiques et problèmes épistémologiques ». L’homme, 2014/4 (n° 212) : 159-189.

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Résumé

En Exposant quelques réflexions au sujet de la manière dont la vie est abordée dans des ouvrages récents, cet « À propos » ne vise ni à présenter une histoire de la notion, ni à analyser l’ensemble des approches théoriques, classiques ou contemporaines, à partir desquelles les processus vitaux ont été étudiés par les anthropologues. Même si l’examen systématique de cette diversité constitue indéniablement…

[Cliquez ici pour accéder au lien permanent sur la base CAIRN]

Biologie de synthèse ou fabrication du vivant ?

Biologie de synthèse ou fabrication du vivant ?

Samedi 11 Octobre 9 h 30 – 11 h 00
Forum « les fondamentales » à Grenoble, Campus Saint Martin d’Hyères

[Lien vers le podcast]

François Képès
Directeur de recherche au CNRS, co-fondateur et directeur du Programme d’épigénomique (Genopole)

Stéphane Ménage
Directeur de recherches à l’Institut de recherches en technologies et sciences pour le vivant, iRTSV.

Perig Pitrou

Chargé de recherche au laboratoire d’anthropologie sociale

Gilles Truan
Chercheur au Laboratoire d’Ingénierie des Systèmes Biologiques et des Procédés au sein de l’équipe « Ingénierie Moléculaire et Métabolique »

L’insertion d’un chromosome artificiel dans le génome d’une levure l’a confirmé : jamais l’homme n’avait atteint une telle capacité d’agir sur le vivant. Et ce n’est qu’un début. Biologistes, chimistes, anthropologues… réfléchissent tous à ces questions vertigineuses. Domaine en pleine ascension, la biologie de synthèse passionne les scientifiques pour les avancées qu’elle propose, tant sur la connaissance du vivant que pour ses nombreuses applications industrielles dans les domaines de la santé, de l’énergie, des matériaux, de l’environnement et de l’agriculture. Autant d’avancées importantes qui soulève un grand nombre de questionnements jusqu’à la définition même du vivant.

[Lien vers le site Internet des Fondamentales]

[Lien vers le podcast]