Séminaire : « Mutation, Hybridation, Contamination », DOMINIQUE LESTEL. JEUDI 17 NOVEMBRE, ENS-ULM, 15:00-17:00, Magdalena Cabaj, « L’inter-sexe et nos monstruosités intimes ».

 

Dominique Lestel
(ENS, Département de philosophie)

Séminaire : « Mutation, Hybridation, Contamination »

(Avec le soutien de la Pépinière CNRS « Domestication et fabrication du vivant »)

Ecole normale supérieure,
Salle Cavaillès, 45 rue d’Ulm, 75005
Jeudi 17 novembre, 15:00-17:00

Magdalena Cabaj

(ENS ; Université de Varsovie & Centre français d’Etudes en Sciences Sociales, Prague).

« L’inter-sexe et nos monstruosités intimes »

Quand John Money, dans les années 60, avec l’équipe des chercheurs de l’Université de Johns Hopkins, a proposé une stratégie de normalisation chirurgicale des personnes intersexuées, il ne pensait pas que le dimorphisme sexuel était le seul paradigme possible. Cependant, il croyait qu’il était plus facile de s’y adapter que de le changer. Les personnes soumises à cette stratégie — connue aujourd’hui sous le nom de sex management — nous ont montré que le prix pour conserver l’ordre binaire de la société était leur souffrance la plus intime.

Pendant le séminaire, nous nous occuperons du sujet du corps morphologiquement rebelle. Nous examinerons un dernier espoir pour maintenir la pureté du sexe: la normalisation dirigée vers la guérison de l’hermaphrodite. L’intersexualité au cours des siècles a été aperçue comme monstrueuse, fictive et finalement pathologique. Au siècle des Lumières, ce phénomène chez les êtres humains a été considéré comme impossible car contraire à la logique. Bien plus tard, au XXe siècle, la technique médicale fournit des instruments pour ajuster à l’un des deux sexes les enfants aux caractères sexuels ambigus. Cela implique la castration dans la plupart des cas.

Dans une perspective comparative, il semble qu’en face de l’intersexualité, non seulement la catégorie du sexe est affaiblie, mais de plus, les visions à la fois essentialistes et constructivistes du genre se révèlent insuffisantes. L’hermaphrodisme, grâce à son potentiel transgressif, réveille l’anxiété ontologique et met en cause la frontière interne de l’être humain. De cette manière, l’inter-sexe rend visible l’impureté cachée de l’homme — notre monstruosité inaliénable.

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